Consacré
nouveau média, le téléphone mobile propose
des fonctionnalités très pointues. En plus de
permettre aux marques un ciblage très affiné
des consommateurs, l’outil s’ouvre à de
nouveaux usages, très distants de sa fonction première,
telle que la gestion de la relation clients/patients qui rencontre
de nouvelles perspectives de développement sur mobile,
favorisant un meilleur suivi des malades, et garantissant
une meilleure efficacité dans l’organisation
logistique des établissements de santé. Nous
assistons à une réelle prise de conscience des
enjeux de santé publique que recouvre le suivi des
patients sur mobile.
En
France, les trois opérateurs majeurs de téléphonie
mobile développent depuis environ 3 ans des applications
permettant de surveiller les malades à distance, comme
la mesure du diabète, ou le système d’alerting
GPS pour les personnes âgées ou atteintes d’Alzheimer.
Toutefois, tous reconnaissent que le business model n’est
pas encore trouvé et n’ont d’ailleurs pas
d’objectifs commerciaux à court terme.
Pour l’instant, les cas répertoriés, en
France ou à l’étranger, sont des cas financés
sur fonds publics ou privés, mais sans retour sur investissement.
A
titre d’exemple, à l’étranger, le
mobile est utilisé au Kenya, en Sierra Leone et en
Zambie pour collecter des données médicales.
Au départ, la société éditrice
du logiciel Episurveyor, a certes bénéficié
du soutien de la Fondation des Nations-Unies et des Fondations
Vodafone et Nokia, mais son application a ensuite été
adoptée par l’OMS comme standard mobile de collecte
de données pour l’Afrique et l’Asie, et
financée comme telle. Au Mexique, le mobile est utilisé
pour du m-coaching : des patients exposés à
des risques cardiaques reçoivent, gratuitement, chaque
semaine des conseils en matière de nutrition. Tout
cela financé indirectement par Carlos Slim, via l’Institut
Carso de la Santé.
Bien
que tout le monde soit intimement convaincu que le mobile
aidera d’une façon ou d’une autre le monde
médical, le développement de son utilisation
à grande échelle oblige à entrevoir un
retour sur investissement. Sous peine que son utilisation
dans le secteur sanitaire ne reste qu’à l’état
embryonnaire…Et, ce alors même que l’efficacité
d’une telle solution de suivi n’est plus à
démontrer, tant pour le confort des patients, que pour
une meilleure gestion des dépenses de santé.
Il apparaît au moins deux domaines dans lesquels le
mobile peut avoir un retour sur investissement fort. Le premier
est celui du combat contre des déprogrammations d’interventions
chirurgicales ambulatoires pour lesquelles le mobile apparaît
comme un outil très intéressant de lutte pour
améliorer le suivi du protocole et ainsi éviter
les annulations d’interventions, qui participent pour
une grande part à creuser les pertes des établissements
de santé. En effet, l’hospitalisation ambulatoire
oblige les cliniques et hôpitaux à une logistique
patients parfaite, car en cas d’impossibilité
de mener à bien un acte médical alors même
que la salle d’opération est réservée,
le budget alloué ou le chiffre d’affaires attendu
de cet acte est perdu, mais les frais fixes demeurent, soit
une perte sèche pour l’établissement.
En terme de coût, les déprogrammations d’interventions
chirurgicales ambulatoires sont très lourdes : 4% des
opérations prévues sont ainsi chaque année
déprogrammées, représentant, pour une
clinique de 40 médecins, l’équivalent
de 600 000 euros par an environ…
Dans ce contexte, le mobile peut clairement s’affirmer
comme un levier de rentabilité. En effet, certaines
sociétés ont créé des systèmes
de rappels de rendez-vous par SMS, envoyés automatiquement
aux patients, la veille de leurs rendez-vous médicaux.
Une société a même poussé plus
loin le concept en fournissant par SMS un rappel du protocole
à suivre. Ainsi, le patient qui doit se faire opérer
des dents de sagesse reçoit un SMS lui indiquant de
venir 30 minutes avant l’opération, à
jeun, et avec ses radios dentaires. Grâce à ce
procédé, on constate près de 50% de déprogrammations
en moins, soit une économie de 300 000 € par clinique.
En outre, le coût modique de la solution permet un retour
sur investissement immédiat et très important
: l’outil rapporte plus de dix fois son coût.
Le
second domaine, la m-observance, à savoir la possibilité
d’utiliser le mobile pour pousser les patients à
bien suivre leurs traitements, représente un autre
domaine pour lequel le mobile peut contribuer à un
retour sur investissement fort.
S’agissant de maladies chroniques, avec une prise quotidienne
de médicaments, le retour sur investissement est possible
mais il se fait sur le long terme. En effet, dans un premier
temps, le bénéfice réalisé vise
la sécurité sociale car il y a moins de complications,
et donc moins d’hospitalisations. Le bénéfice
touche aussi le laboratoire promoteur du médicament
: on sait qu’une mauvaise prise des médicaments
diminue les chances de guérison, causant parfois une
mauvaise image pour le laboratoire, voire une vraie perte
de chiffre d’affaires par déremboursement partiel
(ou total) de la sécurité sociale…
Mais il y a aussi des produits de santé pour lesquels
le retour sur investissement serait immédiat : les
vaccins, et plus précisément les vaccins nécessitant
plusieurs prises. Par exemple, dans le cas d’un vaccin
contre les risques de cancer du col de l’utérus,
qui doit être fait en trois fois : on constate que bon
nombre de premières prises ne sont pas suivies de la
deuxième, et encore moins de la troisième. Or,
il suffirait d’un rappel par SMS pour augmenter le nombre
de deuxièmes et troisièmes injections, d’autant
que les jeunes femmes, cibles de ces vaccins, sont équipées
de mobiles à 100 %.
Les laboratoires commercialisant ces vaccins se sont vu proposer
cet outil, qui est prêt et dans les starting blocks
!

Hervé CEBULA - Directeur Délégué
MediaTech Softwares et Membre de la Mobile Marketing Association
France